On savait qu’Apple aimait capitaliser sur ses avancées, que cela soit avec la mise au point de la méthode de fabrication Unibody apparue sur les MacBook puis déclinée sur quasiment tous les produits (de l’iMac au Mac mini en passant par le MacBook Air), les ponts jetés entre Mac OS et iOS dans Lion (et Mountain Lion) ou encore l’arrivée du Retina Display sur iPhone puis son passage en grand sur le nouvel iPad (Dieu que ce terme est laid).

Logiquement donc, le bruissement d’une mise à jour profonde des MacBook Pro ne pouvait passer que par une adoption/réinterprétation de ce qu’Apple a fait pour le MacBook Air: tout réduire, sauf les performances.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec ce qui a été présenté aujourd’hui, l’objectif est atteint.

Plus fin, plus léger mais aussi plus puissant, voici venir le futur du MacBook Pro qui envoie le design pourtant réussi de ses prédécesseurs au tri sélectif. Apple aurait pu s’arrêter là, travailler sur l’emballage en collant des composants récents et considérer le travail fini.

Mais c’était sans compter les fous furieux de la R&D à Cupertino. Pour vraiment marquer le coup, les mecs ont carrément collé un écran Retina Display de 15″ au bouzin. Résultat, une résolution inédite sur portable (et pas non plus super répandue sur les ordinateurs de bureau, du reste): 2880 x 1800.

BAM.

Alors nous au JDM, nous nous doutions bien que le Retina Display finirait par débouler sur les laptops mais, dans notre grande naïveté, nous pensions qu’il serait d’abord adapté au format le plus proche de sa dernière itération. Après le 9,7″ de l’iPad, la suite logique c’était le 11″ du MacBook Air, jusqu’ici fer de lance d’Apple sur le marché des portables.

Les professionnels se sentaient délaissés et il faut l’avouer, avec les perfs plutôt bonnes des derniers MacBook Air, la stagnation des MacBook Pro et l’hibernation des Mac Pro, on se demandait si Apple, occupée à fourguer des iPadet des iPhone par paquets de 12000 se souciait encore de sa clientèle pro.

La réponse est donc venue durant la keynote: OUI.

Évidemment, pour gérer cette surface d’affichage, il vaut mieux être équipé convenablement derrière et a priori, c’est le cas:

- Core i7 Ivy Bridge @ 2,6 Ghz (extensible à 2,7) avec Turbo Boost jusqu’à 3,6 Ghz (3,7 Ghz pour la version +)
- 8 Go de DDR3 en standard (extensible à 16 Go)
- 512 Go de SSD (extensible à 768 Go)
- NVidia GeForce GT 650M (GPU Kepler) 1Go DDR5

Apple annonce des perfs en net progrès par rapport à la génération précédente (+60% sur la partie GPU par rapport au MacBook Pro précédent, merci Kepler) et une autonomie de 7h. Attendons les premiers tests poussés pour nous faire une idée, mais généralement Apple est plutôt honnête sur les chiffres avancés.

///L’avis du JDM

Pour nous, il est clair que tout aussi attirant qu’il soit, ce MacBook préfigure ce que sera la gamme de MacBook Pro d’ici 2013: des MacBook Air ++ avec écran Retina Display en 13 et 15″. Il est d’ailleurs intéressant de noter que comme pour le Air, le nouveau Pro se passe de lecteur optique, et que finalement, en dehors du GPU dédié là où le MacBook Air se contentera encore longtemps des solutions budget (comprendre: « merdiques ») made in Intel, c’est sur l’écran qu’Apple pourra vraiment marquer la distinction entre sa gamme grand public et sa gamme professionnelle.

Seulement l’évolution du marché étant ce qu’elle est, il y’a fort à parier qu’un écran Retina Display sera la norme d’ici 2 ou 3 ans, amenant à nouveau le flou entre les gammes.

C’est pour cette raison que de notre point de vue, le distinguo Air/Pro ne pourra durer advitam eternam et que la firme finira par faire converger ses gammes pour se retrouver avec un line-up simplifié: 3 machines en 11″, 13″ et 15″, toutes dotées d’un Retina Display et avec des GPU dédiés à partir du 13″ (en option) et standard sur le 15″.

En attendant ce moment, le fer de lance de la gamme Pro d’Apple est bel et bien là aujourd’hui et si le tour de force technique est indéniable, à 2279 EUR l’entrée de gamme, l’addition risque de provoquer des infarctus chez pas mal de banquiers :-)